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  • Photo du rédacteurCentre culturel de Colfontaine

Articles concernant la Pucelette.


(…) La procession de Wasmes, dont le tour est de quatre lieues ne se fait pas seulement sur le territoire de Wasmes, mais aussi sur celui des communes circonvoisines, à travers les avenues, sans aucun obstacle, et cela par une possession aussi ancienne que son institution.

C'est, sans doute, en mémoire de l'enfant préservée de la gueule du dragon que chaque année, M. le curé de Wasmes choisit pour la procession une fille de quatre à cinq ans on la désigne sous le nom de Pucelette ; l'année suivante, elle porte la queue du manteau de celle qui la remplace. (…)

La chapelle de Notre-Dame de Wasmes était bâtie sur le versant d'une colline. Dans la suite, elle fit place à une église dont il reste quelques souvenirs : deux pinacles gothiques placés de chaque côté de l'autel de la Sainte-Vierge presqu'à la hauteur de la voûte : deux pierres tumulaires (…)

Une tradition populaire prétend que ce fut devant la même statue de Notre-Dame de Wasmes que l'on vénère aujourd'hui, que Gilles de Chin, seigneur de Berlaimont et de Wasmes, fit sa prière avant d'aller combattre le monstre qui désolait le pays. (…)

Le lundi de la Pentecôte, on se rend processionnellement, avant les vêpres, à la maison des parents de la Pucelette, d'où elle est menée à l'église, après avoir fait le tour de la Grand'Place, et, après avoir assisté aux vêpres, elle est reconduite, avec la même solennité, à la cure.

La Pucelette est vêtue d'une robe de soie bleu (le ciel et d'un manteau de même étoffe et de la même couleur. Elle a sur la poitrine un grand coeur blanc sur lequel brillent des bijoux d'or et des diamants. La couronne qu'elle porte sur la tête est surmontée de trois plumes d'autruche recourbées. Sa suivante est en blanc.

Le mardi de la Pentecôte a lieu la procession dite " le tour de Wasmes". La messe appelée messe des pèlerins est chantée vers trois heures du matin et est suivie d'une procession générale à laquelle Notre-Dame de Wasmes seule est portée d'un très grand nombre de pèlerins.

Le cortège se dirige vers l'église Saint-François de Petit-Wasmes et l'église de Warquignies, dont le clergé vient à sa rencontre jusqu'aux confins de la paroisse ; il l'accompagne en chantant des hymnes et litanies. Après une halte d'un quart d'heure à chaque église, la procession se dirige vers l'église d'Hornu, et le clergé de cette dernière paroisse va aussi la recevoir et l'accompagner comme celui de la précédente. Tandis que la procession stationne à l'église d'Hornu, arrivent en voiture la Pucelette et sa suivante ainsi que M. le Curé de Wasmes et se joignent à la procession jusqu'au chemin de Valenciennes ; là la voiture les reprend et la procession est bientôt rejointe par le clergé de Wasmuël qui I 'introduit dans son église, et après avoir mêlé sa voix quelque temps à celle de tous les pèlerins, abandonne le cortège qui, passant par Quaregnon, se dirige vers le Calvaire de Wasmes. Aux abords de l'église, une foule immense de monde est dans l'attente du signal. Les musiques sont prêtes et lorsque le son de la cloche a annoncé le retour du cortège parti le matin, une seconde procession, qui doit s'unir à la première, s'organise. Entretemps, on va chercher la Pucelette et dès qu'elle est arrivée, on se met en marche. La Pucelette donne la main à M. le Curé et à un autre prêtre.

À l'approche du calvaire, la procession se replie sur elle-même, la Pucelette gravit les degrés, salue le cortège et le peuple ; la musique se fait entendre et la statue de la Sainte-Vierge est remise dans le cortège au milieu de jeunes filles en blanc portant des bannières et des bouquets, conduites par leurs maîtresses : les filles de Marie de Pesches, qui depuis longtemps se dévouent à l'éducation des enfants du peuple avec un zèle et un dévouement admirables et qui chaque année s'efforcent à donner un brillant éclat à la Procession de Wasmes.

La Pucelette marche en dernier lieu. Des milliers de personnes se trouvent sur son passage pour la considérer.

On passe près du portail de l'église et après avoir fait le tour de la place, la Sainte-Vierge rentre processionnellement en son sanctuaire vers onze heures.

Dès que la Pucelette est sur le perron de l'église, on la monte sur une table d'où elle salue par trois fois la foule assemblée. La musique s'étant fait entendre, elle s'incline de nouveau, puis elle entre dans l'église et la messe commence aussitôt.

Après l'office, la Pucelette est reconduite à la cure avec sa suivante et leurs parents respectifs.

C'est un spectacle touchant, cette procession de Wasmes ; son souvenir est gravé dans la mémoire de tous ceux qui l'ont vu. Il est à souhaiter qu'elle se perpétue dans les siècles à venir et que l'on conserve toujours pour Notre-Dame de Wasmes et les cérémonies qui se font à l'occasion de sa fête, un zèle pur et une tendre dévotion !

DELACROIX, Léonard – "Wasmes dans les temps passés. Histoire de Gilles de Chin et du dragon. Son sanctuaire de Notre-Dame". – Wasmes, imprimerie de Fulgence.


(…) « le Tour de Wasmes remonte à une époque immémoriale. Il existait peut-être déjà à la fin du XIème siècle ( ? ) Le plus ancien document conservé dans les archives de Notre-Dame qui en fasse mention est un chirographe sur parchemin daté de Quaregnon, le 5 juin 1599, établi par le mayeur et les « eskevins » de cette ville. (…)

De vieux documents rapportent que le pèlerinage passait « même au travers des avenues, sans aucun obstacle, et cela par une possession aussi ancienne que son institution.

Un grand plan du Tour figurait avant la guerre aux Archives de l'Etat à Mons.

De nos jours encore, pour peu que le printemps favorise de soleil la fête fameuse, c'est par milliers que pénitents et curieux suivent la « vierge du miracle » ou se pressent sur son passage. (…)

À trois heures du matin une messe est célébrée, à quatre heures du matin la foule des pèlerins se met en route,(…) Elle se dirige d'abord vers Petit-Wasmes, y stationne quelques minutes en l'Église Saint François d'Assise, en repart pour la chapelle Parent, parcourt Warquignies, Constantine, Champ des Sarts, Hornu, Wasmuël et Quaregnon.

Il est environ dix heures du matin quand elle arrive à la chapelle du Calvaire. (…) Là elle est rejointe par une autre procession qui est allée à sa rencontre, et qui va lui présenter la « Pucelette » (…) est une petite fille du village : elle représente la fillette que le dragon tenait captive dans son antre et que Gilles de Chin délivra.

Mais nous n'en avons vu aucune mention dans les documents historiques du Moyen-âge et il est fort probable qu'elle n'apparut dans la procession que beaucoup plus tard, sans doute au XVIème siècle.

La Pucelette est vêtue d'une robe de soie bleu ciel et d'un manteau de même étoffe et de même couleur. Elle a sur la poitrine un grand coeur blanc sur lequel brillent des bijoux d'or et des diamants. La couronne qu'elle porte sur la tête est surmontée de trois plumes d'autruche recourbées. Sa suivante, qui est la Pucelette de l'année précédente, est en blanc. (…)

La procession passe près du portail de l'église et après avoir fait le tour de la place, la Sainte Vierge rentre processionnellement en son sanctuaire vers onze heures du matin, aux acclamations de la foule.

Dès que la Pucelette est sur le perron qui conduit à l'église, on la place sur une table d'où elle salue par trois fois la foule assemblée.

La musique s'étant fait entendre, elle s'incline à nouveau, puis elle entre dans l'église où la foule recueillie s'est massée.

C'est un spectacle touchant que cette procession de Wasmes, qui attire des milliers de pèlerins et de curieux accourus de tous les coins du Borinage. Son souvenir reste gravé dans la mémoire de tous ceux qui l'ont vue : le plus beau fleuron du folklore wasmois qui ait persisté jusqu'à nos jours.


DUMORTIER, Georges – "L'église Notre-Dame de Wasmes." –"Gilles de Chin et le dragon. Légende et vérité".

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